19.05.2017, 00:01  

Le procureur veut interner l’accusé

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Les parents d’Adeline ont expliqué, jeudi, que leur existence avait basculé depuis la mort de leur fille.

GENÈVE - Olivier Jornot a retracé toute l’horreur du crime de Fabrice A. lors de son réquisitoire, jeudi.

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info@lacote.ch

Le procureur général Olivier Jornot a requis jeudi l’internement à vie de Fabrice A., le meurtrier d’Adeline. Il a rappelé devant le Tribunal criminel de Genève que cette mesure n’implique pas de jeter les clés et d’oublier l’accusé à jamais. Il demeure toujours possible d’obtenir une levée sous certaines conditions.

Le magistrat a souligné que le peuple suisse avait accepté...

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Le procureur général Olivier Jornot a requis jeudi l’internement à vie de Fabrice A., le meurtrier d’Adeline. Il a rappelé devant le Tribunal criminel de Genève que cette mesure n’implique pas de jeter les clés et d’oublier l’accusé à jamais. Il demeure toujours possible d’obtenir une levée sous certaines conditions.

Le magistrat a souligné que le peuple suisse avait accepté l’internement à vie en pensant à des individus comme Fabrice A.. En cas d’avancées scientifiques capables de réduire le risque représenté par l’interné ou si celui-ci évolue positivement à long terme, la mesure peut être reconsidérée.

Olivier Jornot a souligné le caractère épouvantable de l’assassinat commis par le prévenu en septembre 2013. Détenu au sein de la structure de réinsertion de la Pâquerette, à Champ-Dollon, Fabrice A. a égorgé, lors d’une sortie accompagnée, sa sociothérapeute Adeline qui se trouvait avec lui.

Préméditation

Pour le procureur général, il ne fait aucun doute que l’accusé avait mûrement préparé ce meurtre, contrairement à ce qu’il a prétendu durant son procès. Dès son arrivée à la Pâquerette, il avait flashé sur Adeline. La sociothérapeute s’est trouvée transposée dans ses fantasmes d’égorgement.

Pendant des mois à la Pâquerette, il a ruminé son coup et avait tout planifié. Il avait demandé à être accompagné par Adeline pour sa sortie, pris rendez-vous avec un magasin pour acheter un couteau en sa compagnie et repéré l’endroit isolé où il allait l’emmener et la tuer, en faisant des recherches sur Internet.

Son but était odieux. Il voulait satisfaire un fantasme et obtenir un orgasme au moment de trancher la gorge de sa victime, a souligné Olivier Jornot. Il a terrorisé Adeline, l’a attachée à un arbre et l’a regardée se vider de son sang, il a admiré son «œuvre», à laquelle il a repensé par la suite pour nourrir son excitation.

Outre le fait de tuer Adeline, l’accusé avait aussi comme plan de se rendre en Pologne pour y retrouver son ancienne amie qui l’avait quitté. Cette jeune femme a eu beaucoup de chance, a relevé Olivier Jornot. Fabrice A. rêvait de lui faire subir les pires sévices. Il avait tout noté dans son carnet, qu’il portait sur lui.

Multirécidiviste

Le procureur général a relevé les très lourds antécédents de l’accusé. Le prévenu, quand il a tué Adeline, purgeait une peine cumulée de 20 ans de prison pour deux viols commis avec cruauté. Lors de ces crimes, il y avait déjà le couteau, les menottes pour attacher ses victimes et le fantasme de domination.

Olivier Jornot a rappelé que Fabrice A. n’est pour l’heure pas guérissable. Aucun traitement ne peut atténuer sa dangerosité et diminuer le risque de récidive, qui est très élevé. Il n’est pas sujet au remord. Lors de l’instruction, il avait éclaté de rire quand les médecins légistes ont décrit comment Adeline était morte.

Jeudi matin, la salle du Tribunal criminel de Genève a vécu un moment d’émotion lorsque le compagnon d’Adeline, qui travaillait comme elle à la Pâquerette, et avec qui il a eu une petite fille âgée de presque 5 ans aujourd’hui, est venu à la barre témoigner. Il a raconté son calvaire depuis le drame.

Il a expliqué comment sa fille doit se construire sans sa maman. Il a évoqué toutes ses premières fois sans elle: premier anniversaire, premiers pas, premier jour à la crèche. Le regard des autres sur «la fille de l’égorgée» est très lourd. Pour la maman d’Adeline, sa fille a subi le «paroxysme du mal».

Tout l’entourage de la victime a été anéanti. La mère a demandé un internement à vie pour que l’assassin ne sorte jamais. Vendredi, le Tribunal criminel de Genève entendra l’avocat de la famille d’Adeline. La journée se terminera par les plaidoiries des avocats de Fabrice A.


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