19.05.2017, 00:01  

L’église n’est pas en odeur de sainteté

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Une partie des opposants sur la parcelle concernée. En arrière-plan, les gabarits simulant les dimensions de la future église catholique.

 19.05.2017, 00:01   L’église n’est pas en odeur de sainteté

GLAND - L’édifice projeté au chemin de l’Abbaye fait des mécontents. Des habitants du quartier se sont groupés pour faire opposition.

antoine guenot

antoine.guenot@lacote.ch

La paroisse catholique de Gland avait prédit quelques réactions négatives. Mais elle ne s’attendait probablement pas à un mouvement collectif. Par le biais d’un avocat, dix-sept habitants des chemins de l’Abbaye et de la Dôle ont manifesté conjointement leur opposition à la construction de la nouvelle église, projetée sur une parcelle du quartier résidentiel. Un terrain qui, rappelons-le,...

antoine guenot

antoine.guenot@lacote.ch

La paroisse catholique de Gland avait prédit quelques réactions négatives. Mais elle ne s’attendait probablement pas à un mouvement collectif. Par le biais d’un avocat, dix-sept habitants des chemins de l’Abbaye et de la Dôle ont manifesté conjointement leur opposition à la construction de la nouvelle église, projetée sur une parcelle du quartier résidentiel. Un terrain qui, rappelons-le, appartient à la communauté religieuse et abrite déjà une petite chapelle, désormais trop petite pour accueillir les fidèles d’une région en plein boom démographique.

En 2013, un petit groupe d’habitants s’était déjà opposé à une première mouture du projet. Ce dernier prévoyait une église, donc, mais aussi quatre petits bâtiments locatifs. Trop dense, trop haut, avaient rétorqué les riverains. Autre argument: dans le règlement communal, un flou subsistait quant à la hauteur des bâtiments autorisés sur ce type de terrain, classé en zone d’équipements publics. La paroisse avait alors préféré revoir sa copie et renoncer à deux des quatre bâtiments envisagés.

Violation du règlement communal?

Force est de constater que les nouveaux plans ne convainquent toujours pas une partie du quartier.«Le premier problème, c’est que ce nouveau projet nous est présenté de manière saucissonnée, regrette Lionel Vaucher, l’un des adversaires. Seule l’église a été mise à l’enquête, les deux immeubles prévus en plus ne nous seront soumis que plus tard.» Et son voisin Jean-Pierre Rozat d’acquiescer: «Nous voulons pouvoir nous prononcer sur la totalité du projet».

L’argumentaire du collectif ne s’arrête pas là. Selon lui, la hauteur de l’édifice (13 mètres) engendrerait une «rupture d’harmonie» dans ce quartier parsemé de petites villas. Par ailleurs, elle pourrait à terme se révéler non conforme d’un point de vue légal. Lionel Vaucher explique: «La parcelle concernée est en zone d’équipements publics. Une église y a sa place. Seulement, si la paroisse veut construire, en plus, ses deux immeubles, elle sera obligée de demander un changement d’affectation du terrain. Il passerait alors probablement en zone de faible ou de moyenne densité. Et pour ces zones, la hauteur des bâtiments est fixée respectivement à un maximum de 8 et 11,5 mètres. L’église prévue en fait 13...»

Les opposants estiment aussi que le nombre de places de parc prévues (19) n’est pas suffisant pour un lieu de culte qui pourrait accueillir jusqu’à 250 personnes.

Enfin, ils s’interrogent: pourquoi la communauté catholique n’utiliserait-elle pas, en cas de besoin, les locaux du temple protestant de la commune, plus spacieux? Et le collectif de citer l’exemple de Meyrin, où les deux confessions cohabitent sous un même toit.

«Tout est aux normes»

La paroisse, elle, affirme que «tout est aux normes». Une position que partage le municipal de l’urbanisme Thierry Genoud. Si ce dernier admet qu’en 2013 le flou subsistait concernant les hauteurs autorisées sur les terrains d’équipements publics, il assure que le problème est désormais résolu. «Depuis,nous avons inscrit dans le règlement communal une limite claire de hauteur de bâtiments pour ce type de parcelles. Elle a été fixée à 13 mètres, soit la hauteur de l’église. Cette proposition a été mise à l’enquête et soumise au Conseil communal. Elle a été validée.»

En outre, le municipal confirme que la paroisse doit effectivement demander un changement d’affectation du terrain pour construire ses deux bâtiments locatifs. «La démarche est d’ailleurs en cours.Mais ce changement d’affectation ne s’appliquerait qu’à la partie restante du terrain, c’est-à-dire celle qui n’abriterait pas l’église.»

Et quid des parkings? «Il serait absurde de construire 200places» pour n’accueillir des fidèles «qu’une fois par semaine», répond l’élu. Et ce dernier de comparer la situation au complexe de Grand-Champ, lors de manifestations ponctuelles. «Les automobilistes se parquent alors le long des routes. Ce n’est pas idéal mais cela fonctionne, si cela reste occasionnel.»

Quant à l’idée, suggérée par les opposants, de partager des locaux avec la communauté protestante, la position de la paroisse est claire: «Nous représentons une communauté de 5000catholiques», explique Roger Merlo, membre du comité de pilotage du projet. Autrement dit, selon lui, il est légitime que ces nombreux fidèles disposent de leur propre lieu de culte.

Pour apaiser les tensions, les autorités organiseront prochainement une rencontre entre la paroisse et les opposants. «Pour discuter des exigences de chacun et trouver un accord. Car aller jusqu’au tribunal pour cette affaire serait vraiment dommage», conclut Thierry Genoud.


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