19.05.2017, 00:01  

«Tout donner, sans rien regretter»

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Dans un match couperet, le BBC Nyon a soulevé le Rocher. Jules Stalder (au centre) et Xavier Paredes (à dr.) ont réussi leurs adieux devant leur public, et samedi ils tenteront de ramener le titre.

 19.05.2017, 00:01   «Tout donner, sans rien regretter»

BASKETBALL Mercredi, le BBC Nyon a gagné l’acte IV contre Vevey (69-63). La finale de LNB se jouera sur un ultime match, samedi aux Galeries (17h30).

florian sägesser

florian.saegesser@lacote.ch

Le cœur, car avec ce BBC Nyon-là tout passe par le cardiaque, bat à tout rompre. L’oxygène manque, mais, lors de l’acte IV, les espoirs, même les plus fous, ont évité la mort par asphyxie. Certains moments, pourtant, convoquent l’irrespirable. A la limite de la suffocation, Fabrice Rey revient sur les derniers instants d’une rencontre dantesque. Dans un...

florian sägesser

florian.saegesser@lacote.ch

Le cœur, car avec ce BBC Nyon-là tout passe par le cardiaque, bat à tout rompre. L’oxygène manque, mais, lors de l’acte IV, les espoirs, même les plus fous, ont évité la mort par asphyxie. Certains moments, pourtant, convoquent l’irrespirable. A la limite de la suffocation, Fabrice Rey revient sur les derniers instants d’une rencontre dantesque. Dans un Rocher d’une bouillante moiteur, à l’heure du «money time», lorsque chaque erreur aurait pu coûter un titre, quelles pensées ont traversé l’esprit du coach du BBC Nyon? Il les livre, forcément à chaud. A 2’ de la fin, 62-62: «J’ai pensé: put***, ne faisons pas les cons! De la lucidité, les gars!» A 1’ de la fin, 67-63: «J’ai pensé: put***, ne faisons pas les cons! De la lucidité, les gars!»

Fabrice Rey en rigole, intensément soulagé, heureux. Les nerfs ont tenu, avec force et bravoure. Une soirée au pays des géants. Mercredi, Vevey a débarqué au Rocher avec la ferme intention de soulever le trophée. «Après l’acte III, ils étaient à ça (sic!) de gagner le championnat, ils avaient plus d’énergie que jamais et on a souffert», partage Jules Stalder. Les Nyonnais ont plié, plié, plié, tant et plus, sous les coups de boutoir d’Ismaël Ndiaye (13 points au 1er quart), Babacar Touré, Thomas Studer ou Milos Rajic. Mais les Nyonnais ont fait preuve de résilience.

A la mi-temps, Vevey menait de six longueurs (32-38). «L’écart aurait pu être de vingt points, reconnaît Fabrice Rey. Le cœur nous sauve!» Le palpitant s’est emballé, par instinct de survie, une réaction primale; Nyon a refait son retard avant la fin du 3e quart. Puis la poitrine s’est mise à battre, fort, fort, fort, comme lorsqu’on fait la cour à une femme; le club du Rocher n’était plus seulement en train de sauver sa peau, il était en train de séduire une assistance pénétrant gentiment dans un état de transe. Dans les gradins, on a senti quelques frissons, quelques papillons dans l’estomac, ceux qui prouvent que vous êtes toujours debout, toujours vivants!

«Beaucoup d’émotions»

Sur le parquet, une armada de cœurs battants. «Le cœur est le symbole de notre saison, souligne Fabrice Rey. Nous avons commencé le championnat en faisant confiance à Marvin Owens, blessé, et en lui laissant le temps de revenir; idem pour Xavier Paredes. Notre cœur a été meurtri par les blessures de Willy Van Rooij et Rico McGregor, mais nous l’avons retrouvé intact au moment décisif, au moment de faire confiance à cette équipe, et non en nous tournant vers d’éventuels renforts.»

Et le cœur a parlé. Celui de Jules Stalder, un petit peu plus que les autres, exceptionnel mercredi, lui qui disputait – tout comme Xavier Paredes – sa dernière rencontre au Rocher. «Avec les études, le travail, j’hésitais à me relancer dans une nouvelle saison, mais je ne pouvais pas finir sur une note négative, confie-t-il. Marvin est comme un grand frère, lorsque j’ai su qu’il revenait, cela m’a décidé à rempiler une année. Désormais, il est temps de passer à autre chose.» La retraite attendra encore quelques jours. Les deux hommes n’ont pas raté leur sortie devant leur public. Séquence émotions, le cœur pleure – de joie. La présidente Barbara McAllister leur avait réservé un petit hommage avant le début de la rencontre. «Son petit discours m’a fait réfléchir, j’ai eu un peu du mal à me mettre ensuite dedans, avoue encore Jules Stalder, les yeux mouillés, le verbe engorgé. Il y a eu beaucoup d’émotions.»

«On entre dans la zone où tout n’est que plaisir»

Puis, en deuxième mi-temps, le Nyonnais est sorti de sa boîte, touché par la grâce: 12 points au 3e quart, dont deux paniers primés; 6 autres unités au 4e quart et cette folle sensation partagée qu’il ne pouvait rien louper. «Parfois, on entre dans la zone où tout n’est que plaisir, où on ne ressent plus la peur, la douleur; on ne réalise pas trop», explique-t-il. Fabrice Rey applaudit: «Malgré parfois les critiques, Jules méritait ce match pour sa dernière à domicile.» Perché sur son nuage, son meneur n’oublie pas le groupe: «Tout le monde a suivi le mouvement! On est revenus de cet acte IV, on ne va pas s’en satisfaire, samedi on va tout donner, sans pression inutile. Juste ne rien regretter.» Ainsi, à l’instant d’aborder ce cinquième match décisif, titre de champion de LNB à la clé, l’irrationnel s’invite. Un sentiment: cette finale, peut-être que Vevey la gagnera, mais Nyon ne peut plus la perdre.

nyon - Vevey 69-63 (18-25, 14-13, 19-12, 18-13)

Nyon: Stalder (18 pts), Dufour (4), Wolfisberg (13), Ivanovic (5), Paredes (8), Lanisse (2), Owens (19), Sylla (-), Zaninetti (-), Eyenga, Moujaes.

Entraîneur: Fabrice Rey.

Vevey: Stucheli (8 pts), Ndiaye (17), Boveda (-), Andreoli (-), Barapila (2), Pessoa (-), Kashama (2), Studer (10), Tolusso (8), Touré (10), Rajic (6).

Entraîneur: Paolo Povia.

Notes: Rocher, 1000 spectateurs. Nyon sans Van Rooij et McGregor (blessés).

Match décisif: samedi à Vevey (17h30).


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