15.12.2018, 08:54

«Gilets jaunes»: cinquième samedi de manifestations en France, tensions sur les Champs-Elysées

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Colère Les annonces du président Emmanuel Macron n’ont pas réussi à freiner les «gilets jaunes» qui se mobilisent pour un cinquième samedi de manifestations à travers la France. Si la mobilisation semble faiblir, de heurts éclatent toutefois ici et là, notamment à Paris.

Revenir au «dialogue» et au «calme» ou rebattre le pavé? Sous l’oeil inquiet du pouvoir, les «gilets jaunes» abordent leur cinquième samedi de manifestations en rangs divisés après les annonces du président Macron jugées insuffisantes par certains pour améliorer le pouvoir d’achat.

Paris s’est réveillé avec des fourgons de gendarmes mobiles présents autour de l’Arc de Triomphe, plongé dans l’obscurité, tandis qu’un canon à eau était aperçu sur l’avenue des Champs-Elysées. Des véhicules blindés à roues se positionnaient autour de la place de l’Etoile peu après 07 heures.

 

 

L’ampleur des manifestations, qui ont réuni 136’000 personnes lors des deux derniers épisodes marqués par des scènes de guérilla urbaine et un dispositif sécuritaire exceptionnel, va être scrutée de près par un exécutif en proie à une crise sociale inédite.

«On s’attend à une mobilisation un peu moindre mais avec des individus un peu plus déterminés», a déclaré vendredi soir le secrétaire d’État à l’Intérieur Laurent Nuñez, promettant «le même degré de réponse» (des forces de l’ordre) que samedi dernier.

Un «gilet jaune» du Vaucluse, Christophe Chalençon, qui fait pourtant partie des représentants «constructifs» du mouvement, a appelé à «devenir encore plus ferme». Il manifestera samedi «jusqu’à la démission» du président.

Environ 69’000 membres des forces de l’ordre ont été déployés, contre 89’000 samedi dernier. En régions où de nombreuses manifestations sont annoncées, des renforts sont prévus là ont eu lieu des violences, comme Bordeaux ou Toulouse.

De nouveau, des contrôles en amont doivent avoir lieu sur les routes, dans les gares et les transports en commun menant vers Paris et les manifestants en possession de projectiles susceptibles d’être lancés contre les forces de l’ordre seront placés en garde à vue.

Samedi dernier, près de 2000 personnes avaient été interpellées, un record.

 

À lire aussi : «Gilets jaunes»: la tension monte à Paris, plus de 50 blessés

 

Dans la capitale, où les Champs-Élysées sont devenus l’épicentre des manifestations, le dispositif policier va être également «assez semblable», avec 8000 membres des forces de l’ordre déployés et appuyés notamment par 14 véhicules blindés à roues (VBRG), selon le préfet de police Michel Delpuech.

Les accès aux institutions (Palais de l’Elysée, Hôtel Matignon, Assemblée nationale, ministère de l’Intérieur, etc.) sont protégés.

En revanche, signe que la tension retombe un peu, la Tour Eiffel, l’Opéra Garnier, les musées du Louvre, d’Orsay et le Grand palais, fermés samedi dernier, restent ouverts, tout comme les grands magasins à l’approche de Noël.

 

 

 

Il ne faut «pas tomber dans une logique de +Paris, ville morte+», a plaidé le préfet.

Les images de Paris en état de siège, avec feux de véhicules, barricades et gaz lacrymogène, ont fait le tour du monde.

À Bordeaux, l’office de tourisme a annulé toutes ses visites guidées prévues samedi après-midi et fermera ses portes à la mi-journée. De nombreux services et établissements culturels publics garderont leurs portes closes.

«Ne pas lâcher»

Emmanuel Macron, vilipendé dans les manifestations, a lancé vendredi un appel à un retour au «calme», à «l’ordre» et à «un fonctionnement normal» du pays.

Ses annonces dévoilées lundi, dont la plus emblématique porte sur une hausse de 100 euros des revenus au niveau du Smic, ont été diversement reçues par des Français réclamant moins de taxes et plus de pouvoir d’achat.

Après l’attentat jihadiste de Strasbourg mardi qui a fait quatre morts, les appels, notamment au sein de la majorité et du gouvernement, à ne pas manifester ont aussi été rejetés par une partie des «gilets jaunes», n’y voyant aucun rapport.

Si les modérés, représentés par le collectif des «gilets jaunes libres» ont appelé à une «trêve» et estimé que «le temps du dialogue est venu», d’autres ont affiché leur détermination à redescendre dans la rue pour obtenir de nouvelles avancées sociales et économiques.

«C’est le moment où, justement, il ne faut pas lâcher», a ainsi exhorté jeudi dans une vidéo Eric Drouet, l’un des initiateurs du mouvement: «ce que Macron a fait lundi, c’est un appel à continuer, parce qu’il commence à lâcher quelque chose et, venant de lui, c’est inhabituel».

«Dans l’Ariège, ça ne désarme pas, les annonces de Macron ne suffisent pas. Les gens au pouvoir sont très déconnectés de ce que les Français vivent», estime de son côté Guilhem Boudon, pasteur à Mirepoix et venu à Paris dès vendredi en vue de «l’acte V».

En parallèle, d’autres figures du mouvement réclament désormais un référendum à Emmanuel Macron, sur quatre propositions, notamment l’instauration d’un référendum d’initiative citoyenne et la baisse des taxes sur les produits de première nécessité.


ATS

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