25.11.2018, 12:04

Syrie: une centaine de cas de suffocation après une attaque au gaz à Alep

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L'agence officielle Sana a rapporté dans la nuit de samedi à dimanche "107 cas de suffocation".

conflit syrien Une attaque aux «gaz toxiques» a fait une centaine de blessés samedi soir à Alep, en Syrie. Dans la province d’Idleb, tenue par les rebelles, neuf personnes ont par ailleurs été tuées par des bombardements de l’armée syrienne.

Une centaine de cas de suffocation ont été rapportés après une attaque aux «gaz toxiques» en Syrie dans la métropole d’Alep, selon un nouveau bilan fourni dans la nuit par les médias d’Etat. Ceux-ci ont accusé les insurgés.

Citant des «sources médicales», l’agence officielle Sana a rapporté dans la nuit de samedi à dimanche «107 cas de suffocation», après un premier bilan d’une cinquantaine de blessés. De son côté l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a rapporté «94 cas de suffocation».

L’OSDH n’était pas en mesure de déterminer les responsables de l’attaque. Il assure que ses sources évoquent une «odeur de chlore».

«Les groupes terroristes armés ont visé en soirée les quartiers de Khaldiyé et Al-Nil dans la ville d’Alep avec des roquettes contenant des gaz toxiques», assure de son côté Sana sur son site Internet. Le média utilise la terminologie habituelle des autorités pour désigner les insurgés, rebelles et djihadistes. Alep est une ville sous contrôle du gouvernement syrien.

Le ministère russe de la Défense a également accusé les rebelles syriens d’avoir eu recours à des bombes au chlore. Les tirs d’artillerie, poursuit-il dans un communiqué, provenaient d’un secteur aux mains des djihadistes de l’ex-front Al Nosra dans la zone dite de «désescalade» instaurée dans la province d’Idlib.

Moscou va en informer les autorités turques, garantes du respect du cessez-le-feu dans la zone de désescalade, ajoute le ministère.

Neuf morts à Idleb

Dans la province d’Idleb, tenue par les rebelles, neuf personnes ont par ailleurs été tuées par des bombardements de l’armée syrienne, selon l’OSDH. Les neuf morts sont deux femmes et sept enfants tués à Djardjanaz, où a été instaurée une zone tampon en vertu d’un accord conclu par la Turquie et la Russie. La création de cette zone a permis d’éviter une offensive gouvernementale de grande ampleur dans la région où vivent près de trois millions de civils.

De très nombreux groupes rebelles sont présents dans la province d’Idlib. Le principal est Tahrir al Cham, une alliance islamiste dirigée par des combattants autrefois liés à Al Qaïda. Moscou a récemment accusé les insurgés de chercher à torpiller l’accord, tandis que les rebelles reprochent à l’armée syrienne ne pas respecter le cessez-le-feu dans cette zone.

D’autres accusations

Ce n’est pas la première fois que les médias étatiques accusent les rebelles d’une attaque aux «gaz toxiques» contre Alep, conquise fin 2016 dans son intégralité par le pouvoir de Bachar al-Assad, après avoir été divisée pendant des années entre quartiers gouvernementaux et secteurs insurgés.

En avril, le pouvoir syrien avait conquis le bastion rebelle de la Ghouta orientale, aux portes de la capitale. Il avait été accusé d’y avoir mené une attaque chimique qui a fait 40 morts civils selon les secouristes en zones rebelles. Le gouvernement a toujours réfuté ces accusations. Les Occidentaux avaient réagi en menant des frappes de représailles.

Fin août 2016, une commission d’enquête de l’ONU et de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques avait accusé le groupe djihadiste État islamique d’avoir utilisé en 2015 du gaz moutarde à Marea, dans la province d’Alep.

ATS

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