11.10.2017, 23:08  

Charles Dutoit, une star à Rolle

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Charles Dutoit, le maestro chic, dirige ce soir le Royal Philarmonic Orchestra au Rosey Concert Hall, à Rolle.

 11.10.2017, 23:08   Charles Dutoit, une star à Rolle

MUSIQUE Le maestro lausannois se produit ce soir au Rosey avec Martha Argerich et le Royal Philharmonic Orchestra.

Quand il s’avance sur l’estrade dans son costume noir, le public retient son souffle. A 81 ans, le Lausannois Charles Dutoit a atteint tous les sommets de la direction musicale. Le prestige qui entoure sa carrière le devance partout.

Ce soir, c’est le public du Rosey Concert Hall, à Rolle, qui aura la chance de le voir diriger...

Quand il s’avance sur l’estrade dans son costume noir, le public retient son souffle. A 81 ans, le Lausannois Charles Dutoit a atteint tous les sommets de la direction musicale. Le prestige qui entoure sa carrière le devance partout.

Ce soir, c’est le public du Rosey Concert Hall, à Rolle, qui aura la chance de le voir diriger son orchestre londonien, le Royal Philharmonic Orchestra, pour un concert – complet! – dédié à l’association Innocence en danger. Martha Argerich sera au piano, renouant avec ce duo enveloppé d’une histoire passée dont le public est friand.

Marie-Noëlle Gudin, chargée de la programmation de la salle rolloise, se réjouit d’accueillir le célèbre chef d’orchestre pour la troisième fois au Rosey. «C’est un homme très charismatique. Il a beaucoup d’énergie, il parle fort, il a une qualité de présence... C’est un personnage assez impressionnant!»

Mais difficile d’en savoir plus. Aujourd’hui, l’image du chef d’orchestre célébré dans le monde entier masque l’homme qui se cache derrière. Pour en retrouver la substance, il faut remonter une quarantaine d’années en arrière, au début de sa carrière.

Jouxtens, coupe à la Chopin

Charles Dutoit a 36 ans. Dans la maison de campagne qu’il partage avec sa femme à Jouxtens, le jeune homme aux cheveux sombres apparaît au milieu du salon. Arborant une coupe à la Chopin, les manches de son pull noir retroussées, il tourne les pages d’un cahier de partitions géant. Des notes de piano s’égrènent en fond. Sur ces images en noir et blanc, capturées par la RTS en 1972, Martha Argerich joue près de lui, avec sa beauté digne, la cigarette au coin des lèvres. Les volutes de fumée enveloppent le visage de son mari, fendu d’un large sourire.

«Quand on se tient face à un orchestre, c’est une volupté supérieure. Parce que vous n’en êtes pas vraiment responsable. Vous y arrivez à un certain moment où vous nagez dans des choses que vous créez sans vraiment les faire vous-même. Dans certaines partitions, ça frise l’extase.

A ses côtés, la pianiste argentine déjà célèbre s’exprime dans une robe fleurie garnie de franges amérindiennes. Chez elle tout est spontané, sauvage, inspiré par un élan organique. En comparaison, le Vaudois apparaît mesuré, défendant une approche plus classique, disciplinée, de la musique.

Adepte des sciences, Charles Dutoit est arrivé à la Musique plus tardivement. «J’aimais plutôt les mathématiques, la géographie et la physique.» Poussé par son père à intégrer la chorale du collège, il se met au violon, qu’il déteste dans un premier temps. Le goût de la musique sera poussé par des amis: ils se réunissent pour écouter des disques et peu à peu l’oreille se développe, le violon devient harmonieux.

Renoncer à l’instrument

Le choix du métier de chef d’orchestre implique des sacrifices. «Une chose qui me manque énormément, c’est le véritable contact avec l’instrument. De faire de la musique spontanément.» Pourtant, en perdant ce rapport physique à l’instrument, il gagne autre chose. «La fascination de se retrouver devant les musiciens et, tout à coup, par un geste, de mettre en branle une telle masse sonore», confiait-il en 2000 à l’émission RDI à l’écoute de Montréal.

La carrière de Charles Dutoit est vertigineuse. Formé aux conservatoires de Lausanne et Genève, il assistait, jeune, aux répétitions de l’Orchestre de la Suisse romande, dirigé alors par Ernest Ansermet, qu’il considère comme son mentor. Il a dirigé pendant vingt-cinq ans l’Orchestre symphonique de Montréal, et collaboré avec des formations du monde entier.

Actuellement, il est à la tête du Royal Philharmonic Orchestra. Enfin, il a reçu le 17 août dernier la médaille d’or de la Royal Philharmonic Society, l’une des plus grandes distinctions de la musique classique.

Ce soir, la baguette minutieuse du chef suisse guidera le Royal Philharmonic Orchestra dans l’ouverture mouvementée et joyeuse du «Barbier de Séville» de Rossini. Suivra le «Concerto pour piano et orchestre n°2» et la «Symphonie n°5» de Beethoven. «Il a une vraie symbiose avec son orchestre, on voit que c’est le sien», remarque Marie-Noëlle Gudin. Un lien qui ne l’empêche pas de cultiver ses racines: «Ce soir, on lui déposera une bouteille de blanc de la région dans sa loge. Il y tient.»

nathalie hug

nathalie.hug@lacote.ch


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