30.12.2018, 11:43

Changement de canton: il y a 25 ans le Laufonnais quittait Berne pour Bâle-Campagne

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Le peuple suisse a eu le dernier mot lorsqu'il a donné sa bénédiction en 1993 au transfert de canton avec environ 75% de "oui".

Appartenance cantonale C’était il y a 25 ans. La région du Laufonnais quittait le canton de Berne pour intégrer celui de Bâle-Campagne. Ce précédent historique revient sur le devant de l’actualité avec le vote récent de Moutier en faveur d’un rattachement au canton du Jura. Le scrutin a ensuite été invalidé par la justice.

Voici 25 ans que le Laufonnais changeait de canton. Jadis bernois, il appartient depuis le 1er janvier 1994 au canton de Bâle-Campagne. Le transfert date et il est pourtant très actuel à cause de Moutier.

Au douzième coup de minuit «ce qui était bernois est devenu bâlois», avait alors écrit la Basler Zeitung. Le drapeau de Bâle-Campagne a été hissé au sommet de la mairie. Pour la minorité pro-bernoise, c’était un jour de tristesse: le district se séparait de Berne après 179 ans de cohabitation.

 

Géographiquement et historiquement, le Laufonnais appartient à la Région Bâle. Mais, au Congrès de Vienne de 1815, il a été attribué au canton de Berne, en même temps que six districts jurassiens de l’évêché de Bâle. Lorsque le canton du Jura a été créé en 1979, le Laufonnais est devenu une enclave bernoise.

Les années qui ont suivi se sont transformées en épreuve pour les 15’000 habitants. En 1983, le district a refusé de rejoindre Bâle-Campagne par 56,7% des voix. Le cas semblait clôt.

Vote invalidé

Mais, cinq ans plus tard, le Tribunal fédéral a invalidé le vote. Le gouvernement bernois avait secrètement versé des fonds au mouvement pour un Laufonnais bernois. Le cas avait été exposé dans le cadre de l’affaire financière bernoise.

Les habitants ont décidé de changer de canton en 1989, par 51,7% des voix. Quelque 93,6% de la population avait participé au scrutin. Deux ans plus tard, c’est Bâle-Campagne qui disait «oui» à ce transfert. Le peuple suisse a eu le dernier mot lorsqu’il a donné sa bénédiction en 1993 avec environ 75% de «oui».

 

Les fidèles à Berne existent toujours, mais ils ne sont plus organisés. Deux ex-présidents de l’association des fidèles se sont exprimés sur le cas de Moutier dans la Berner Zeitung. Pro-jurassiens et Pro-bernois continuent à se disputer sur leur appartenance cantonale.

«Gare aux faux espoirs!»

Hans Herter a mis en garde les pro-jurassiens contre les faux espoirs: «Ne croyez pas tout ce que vous promet le nouveau canton, ça ne sera pas rempli.» Guido Karrer s’est adressé aux pro-bernois de la cité prévôtoise: «Le canton de Berne ne vous défendra pas coûte que coûte; après les paiements illégaux il n’ose plus.»

 

Pour Hans Herter, cette bataille fait stagner une région. «Tout le reste devient secondaire.»

Pour les deux fidèles à Berne du Laufonnais, seul le temps peut calmer les esprits. Au moins 25 ans – jusqu’à ce qu’une génération soit remplacée par la suivante.

ATS

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