Caribana Festival
 07.06.2019, 11:28

Caribana: Bastian Baker séduit avant le gong de Minuit

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Festival Malgré un site clairsemé, jeudi à Crans, le deuxième soir a tenu ses promesses artistiques. Notamment avec les belles découvertes Minuit et Agar Agar.

«Bonne nouvelle, pas de pluie ce soir», rassure l’annonceur des concerts. Hourra général. Jeudi soir à Caribana, certains ont encore les godasses trempées de la veille. Clairsemée, la Plage de Crans-près-Céligny s’est réchauffée grâce aux quelques rayons de fin de journée et de la voix rauque de Marius Bear. Sacré aux derniers Swiss Music Awards, le Rag’N’Bone Man appenzellois vient de rugir sa soul près du lac. Et a bluffé tout le monde en bouffant la scène. Il est 19h30. La Suisse romande attend son beau gosse national.

Etonnant: Bastian Baker est attendu de tous les âges, de tous les profils. Les midinettes se sont gardées de crier «BB» depuis la dernière venue du chanteur en 2014. Il y a cinq ans. Lui-même s’étonne du temps qui passe. Sur scène, presque rien n’a bougé. Si ce n’est l’assurance du Villeneuvois qui revient d’une tournée mondiale avec Shania Twain. Il déboule en perfecto et jean légèrement troué, se passe la main dans sa crinière nouvelle façon Alerte à Malibu, fait tournoyer son micro dans sa main. Waouh. 

Si le contraste est flagrant entre ses anciens tubes pop-folk et son nouvel album aux sonorités plus electro, le show est toujours aussi rodé, carré, réglé comme un coucou suisse. Tout est attendu, finalement. Sauf cette reprise de «Shallow», hit de Lady Gaga et Bradley Cooper, en fin de course où «BB» invite Forma, sa choriste, à briller sur le devant de scène.

Les vraies pépites du côté de la scène du Lac

On pourrait parler des têtes d’affiche qui ont suivi dans la soirée: Kodaline et sa pop-rock mélancolique datée, bien ficelée mais terriblement rasoir, ou Morcheeba et son show planant, au son pur et à l’élégance rare, qui a clôturé la soirée devant un parterre encore plus vide que la veille. Mais les vraies pépites étaient à dénicher du côté de la scène du lac.

Il est 20h30 et voilà qu’arrive déjà Minuit. Le combo français disco-rock illumine l’espace en un rien de temps. De ses néons colorés et ses habits retro-kitsch: pantalons pattes d’eph’, vestes argentées ou tunique rose pailletée pour la chanteuse. De sa musique surtout: claquements funky, basse slappée et batterie chaloupée, solos de guitare perçants. En somme, un groove d’antan pulsé par des sons électroniques modernes. Minuit donne la fièvre. Et les enfants de Catherine Ringer et Fred Chichin, Simone (chant) et Raoul (guitare), réveillent l’âme des Rita Mitsouko en version 2.0. Un triomphe.

Problème de sécurité?

Dans la même veine 80’s, Agar Agar est un drôle d’objet. Dansant lui aussi, mais dans un registre plus electro, entièrement synthétique et bigarré, non loin de la french touch de Kavinsky. Sur la même scène, plus tard dans la soirée, deux têtes se font face derrière leurs machines. Mise en scène minimale: à droite Clara Cappagli, chanteuse au charme instantané, imprévisible, tantôt grimaçante usant d’un rire démoniaque, et qui se fait lionne dans son pantalon zébré lorsqu’elle se déhanche; à gauche, Armand Bultheel, sérieux et impassible comme un ingénieur du CERN, polaire bleu remontée jusqu’au cou, qui envoie des beats ravageurs et enivrants. Il distord les sons, ralentit le rythme, puis l’accélère. Puissant et hypnotique.

Là, un sécu se pointe sur scène. Un problème? On ne peut pas dire qu’il y a foule ni débordement. Un coup à gauche, un coup à droite. Et puis s’en va. The show must go on. Entre deux titres, Clara se fait louve en hurlant à la lune. Pourquoi? Parce qu’Agar Agar nous envoie loin, très loin. Le public, bercé dans son cocon depuis Kodaline, se prend trop violemment les décibels et préfère s’écarter.

Le gaillard de la sécurité revient. Mais de quoi peut-il bien avoir peur? Hilarité générale: l’homme se met à danser, puis enlève son t-shirt sur la techno branchée des deux Parisiens. Agar Agar et leur complice ont bien trompé leur monde. Un show qui aura remué – et déconcerté – la plage de Crans, qui se vide au compte-gouttes passé 23h30. Morcheeba n’aura que les miettes.


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